Le rythme de création d'entreprises artisanales s'est d'ailleurs accéléré depuis quelques années. Au cours du premier trimestre, il a atteint 9,1 %. Le taux de défaillance y est en outre inférieur à celui des autres secteurs, plus proche de 40 % que du taux global de 50 % (cessions incluses), selon les statistiques de l'Assemblée permanente des chambres des métiers (APCM).

L'harmonisation des qualifications et les diverses mesures prises pour enrayer le travail au noir ont aussi contribué à améliorer l'image de ces professions, même si un long chemin reste à parcourir pour les rendre plus attractives, comme le reconnaît François Moutot, directeur général de l'APCM.

Diverses mesures récentes devraient aider à atteindre cet objectif. Le chèque emploi-service universel (CESU) pourrait ainsi avoir comme conséquence indirecte de rehausser les rémunérations des salariés de ces secteurs, sans qu'il en coûte plus cher au client. D'autres, comme la loi initiative économique de 2003 et celle en faveur des petites et moyennes entreprises de juillet 2005, transforment l'environnement des entreprises artisanales. En protégeant davantage le patrimoine des artisans, en améliorant le statut des conjoints et plus généralement le cadre juridique et financier des petites et moyennes entreprises. L'artisan peut ainsi désormais protéger son habitation principale des poursuites des créanciers professionnels.

UN ENVIRONNEMENT AMÉLIORÉ

En outre, les artisans ayant choisi le statut d'entreprise individuelle peuvent, depuis le 1er janvier, réaliser des provisions pour investissement. Différentes nouvelles mesures facilitent également le recours à l'épargne de proximité par les créateurs ou les repreneurs, qu'elle provienne d'ascendants ou d'amis. Les investissements dans une petite société (limités à 10 000 euros par an pour un couple) donnent droit à une réduction d'impôts. Les droits de mutation sont exonérés, dans la limite de 30 000 euros par donateur et par bénéficiaire, pour des dons familiaux à tout descendant destinés à financer une création ou une reprise. Et en cas de reprise familiale, l'assiette des droits de mutation est réduite de 75 %, y compris pour les donations avec réserve d'usufruit, si au moins l'un des héritiers s'engage à poursuivre l'exploitation pendant cinq ans. D'autres dispositifs d'allégements fiscaux lors de cession à des descendants ou à des salariés sont également prévus par la loi. Il est aussi devenu possible de débloquer son plan d'épargne en actions (PEA) ou son plan d'épargne-logement (PEL) pour créer ou pour reprendre une entreprise.

Dans cet environnement amélioré, certains secteurs bénéficient aussi de la conjoncture ou d'une meilleure adaptation aux besoins du marché. Dans l'alimentation, les boulangers-pâtissiers ont ainsi bien mieux tiré leur épingle du jeu que les bouchers, par exemple. En se diversifiant dans les services de traiteur ou la restauration légère.

Sur les 510 activités artisanales recensées, l'APCM en a sélectionné cinq ayant un fort potentiel de développement : coiffeur, fleuriste, boulanger-pâtissier, plombier-chauffagiste et mécanicien. Cette sélection s'appuie sur les données recueillies par les chambres de métiers et l'Insee, et sur la connaissance des experts de l'APCM. Ce choix n'est pas limitatif. Les meilleurs métiers restent sans doute à inventer. Annie Kahn