Le couteau Laguiole

mardi 26 octobre 2021

Créé il y maintenant près de 200 ans, le "Laguiole" reste aujourd’hui un gage de qualité. Pour perdurer cette qualité, il est essentiel de garder le respect de la fabrication artisanale. En effet chaque couteau doit être ajusté manuellement de A à Z en ateliers. Pour fabriquer un couteau laguiole, les mains de l’homme font subir divers façonnages aux matériaux bruts. C’est dans ce long itinéraire que réside la différence entre la production industrielle et la production artisanale qui, seule, garantit que chaque Laguiole doit être unique.

  • 109 Opérations pour un modèle une pièce.
  • 166 pour le modèle deux pièces.
  • 216 pour le modèle trois pièces.

Histoire

Le couteau pliant de Laguiole est né en 1829, créé par Pierre-Jean Calmels. D’abord d’une seule lame, avec l’émigration Aveyronnaise à Paris où ils sont souvent cafetiers, l’usage du tire-bouchon est vite devenu indispensable. La réputation du couteau de Laguiole est né de la beauté de sa forme épurée, et de sa rusticité de conception.

Vrai ou faux Laguiole ?

Avec le déclin de la coutellerie de Laguiole au début du 20eme siècle, une part de la fabrication fût assurée par des industriels Thiernois.

Tiré du "Le journal de L’Aveyron" du 22 septembre 1907, un article de Camille Gros ou il prend la défense des artisans Laguiolais : "Je taille mes crayons depuis plus de 50 ans avec un canif on ne peut plus fruste d’aspect, monté sur un manche en corne de vache, oeuvre évidente de quelqu’un de nos artisans primitifs de Laguiole (...) qui n’a pas couté plus de 12 ou 15 sous mais, qui quoique n’ayant jamais été aiguisé, taille encore à l’admiration après plus d’un demi siècle de bon d’excellent service. J’ai cherché le pareil à Paris et à maints autres endroits et je n’ai trouvé partout, même en payant infiniment plus chère que de la camelote qui nous arrive d’Angleterre, d’Allemagne et même, hélas ! des grandes fabriques Françaises, mais qui ne ressemble en rien à nos bonnes lames d’autrefois." Malheureusement, au nom de pays près, cette situation perdure encore de nos jours.

Reconnaitre un vrai laguiole

Comment reconnaître un couteau Laguiole ? Comment être sûr que l’on achète un couteau de bonne facture ? Il n’est pas si facile de s’y retrouver parmi toutes les informations que l’on peut trouver sur le Web.

Savoir reconnaître une lame, identifier l’origine d’un couteau, déchiffrer les codes inscrits sur une lame.... Tous ces indices vous permettront d’établir avec certitude l’origine de votre couteau Laguiole, la solidité de sa lame, sa composition et son procédé de fabrication ?

On nous demande souvent "comment vérifier l’authenticité d’un couteau Laguiole"...

La mouche - un indice sur la qualité d’un couteau

Avec l’avènement de la coutellerie industrielle en France, les mouches / abeilles soudées ont commencé à apparaître, car elles sont plus simples et plus rapides à produire.

Une mouche / abeille forgée sera toujours plus résistante qu’une mouche / abeille soudée, les qualités techniques d’une pièce de métal faite d’un seul bloc sont bien supérieures à celles de deux pièces soudées ensemble.

Ainsi, on peut dire qu’une abeille soudée va généralement avec votre gamme moyenne de couteaux de poche. En revanche, une abeille forgée se retrouve sur des couteaux haut de gamme aux finitions raffinées.

Le type d’acier utilisé - la garantie d’une lame fiable

L’acier le plus connu pour les lames de couteaux est l’acier 440 que nos grands-pères, qui aimaient leurs couteaux Opinel et Laguiole, connaissaient bien et appréciaient beaucoup. Cet acier s’affûte facilement, mais une lame 440 classique noircit malheureusement avec le temps et il faut la polir, la lustrer, ne jamais la laver à l’eau et l’essuyer régulièrement avec un chiffon pour éviter l’oxydation.

Un couteau universel

La présence Aveyronnaise aux quatre coins du monde en fait aujourd’hui un couteau universellement apprécié. Ce qui a provoqué un renouveau de la fabrication à Laguiole. Celle-ci est presque toujours une fabrication artisanale.

Fabrication du laguiole, de la barre d’acier au couteau

Forgeage initial

Le découpage consiste à couper les barres d’acier à la longueur souhaitée. Cette opération n’a lieu que si la lame est destinée à être forgée.

La forge est la mise en forme du métal en une lame par forgeage à chaud (lame de couteau professionnel) ou à froid (mono-bloc, ciseaux). Viennent ensuite les processus de découpage et de repassage qui, à l’aide d’un marteau électrique, rendent la lame absolument plane et droite.

L’enlèvement de matière consiste à emboutir une lame brute dans une feuille de fer à l’aide d’une presse.

Traitements thermiques

Les traitements thermiques confèrent aux lames d’acier la dureté requise. La lame subit deux séries de variations thermiques.

Le trempage : le chauffage du métal à des températures critiques supérieures et le trempage rapide le durcissent tout en le rendant cassant. La trempe vise à accentuer les propriétés mécaniques de l’acier. Elle permet ainsi :

  • d’une part, augmente sa résistance à l’usure et sa dureté,
  • et d’autre part, diminue sa résilience (résistance à la traction) et sa résistance aux chocs. C’est pourquoi il existe différents procédés de trempe : à froid ou ordinaire, moyennement chaud, chaud, martensitique, Austempering ou autre, selon l’acier ou le résultat souhaité.

Trempe : processus de chauffage et de refroidissement plus modéré et plus lent qui redonne à la lame une partie de sa souplesse afin qu’elle puisse être travaillée. Elle homogénéise la structure de l’acier et stabilise ses propriétés mécaniques. D’une manière générale, il tempère les effets de la trempe et la fragilité qu’elle entraîne en créant des tensions internes. Elle diminue effectivement la dureté et la résistance à l’usure et augmente la résilience et la malléabilité.

La fabrication de la lame

Le profilage : c’est donner à la lame son effilage distinctif en fonction du type de couteau choisi.
La lame est ensuite dressée au marteau ou avec des machines spéciales. Ce processus corrige toute déformation causée par le traitement thermique et n’est effectué que sur certains articles de standard professionnel.

L’affûtage est une étape importante, réalisée à l’aide de machines spéciales, qui rectifie les deux flancs de la lame. Affûter une lame, c’est lui donner la conicité (biseau du tranchant) qui détermine la façon dont elle coupera une fois affûtée. Ce processus mécanique est aujourd’hui principalement réalisé à l’aide de machines équipées de meules ou de bandes abrasives artificielles qui enlèvent le métal des flancs de la lame pour l’amener à une épaisseur proche de celle de finition. Ce procédé exige de l’artisan une extrême attention : la vitesse de rotation de la meule ainsi que la pression exercée peuvent modifier considérablement la qualité du tranchant, provoquant des défauts que l’on pourrait appeler des brûlures d’affûtage, des points de surchauffe du métal générant des microfissures désastreuses pour la précision de coupe de la lame.

Dentelage : entailler une lame pour créer un tranchant dentelé ou micro-dentelé. Elle peut être réalisée sur une ou deux faces (pour un tranchant rasoir).

Finition de la lame

Le polissage et l’émeri : ces abrasifs et tampons à grain de plus en plus fin permettent à l’artisan d’obtenir la finition souhaitée, soit un poli mat, satiné ou miroir. Nous utilisons généralement des outils de polissage spéciaux. On peut aussi, lorsque cela est nécessaire, effectuer cette opération par tribofinition.

  • L’affûtage affine le tranchant de la lame.
  • Le lavage et le dégraissage nécessitent des solutions alcalines ou des solvants.
  • L’essuyage du couteau avec un chiffon assure une présentation parfaite.
  • Le marquage peut se faire par estampage de la lame avant sa trempe, ou par électrolyse, sérigraphie, soudure par étincelage ou laser.

Assemblage

Cette étape intervient généralement après l’affûtage de la lame. Elle consiste à assembler des pièces de couteaux de poche ou à fixer sur la soie de la lame des éléments de manche estampés et emboutis (manches métalliques), injectés ou usinés (plastiques) ou sculptés (bois, corne ou ivoire).

Selon le type de couteau et la matière première utilisée, on monte le manche par :

  • le rivetage, qui est souvent remplacé par le clippage ;
  • le surmoulage ;
  • collage ;
  • soudure, parfois aux ultrasons.

Matières des manches de couteaux Laguiole

Amourette :

Petit arbre poussant en Guyane et au Surinam (Amérique du Sud). Exploité principalement par les Amérindiens. Les bûches parfaitement mouchetées sont rares et en font un des bois les plus chers du monde.

Bois de Rose :

Appartient à la famille des Dalbergia, c’est à dire des Palissandre, comme le bois de Violette. On trouve cet arbre principalement au Brésil, il fournit des rondins de 10 à 30 cm de diamètre pour environ 2 à 4 mêtres de longueur.

Bouleau Madré :

Autres noms : Bouleau de Finlande, Maser Birch, Loupe de bouleau
Cet arbre est essentiellement produit en Europe du Nord. La couleur de ce bois est blanc crème. Son grain est très serré. Il est moucheté de tâches brunes. Ses fûts atteignent en moyenne une hauteur de 4 à 10 mètres et sont souvent tortueux. Son diamètre varie entre 0,30 et 0,60 mètre.

Buis :

Arbuste Européen à feuilles persistantes. Produit un bois jaunâtre, dur, à grain très petit. Un grand classique des essences fines.

Ebène :

Un très grand classique des bois précieux, son vrai nom est Diospyros Crassiflora. C’est un arbre relativement petit de l’étage dominé des forêts équatoriales d’Afrique de l’Ouest. Les rondins de 30 à 60 cms de diamètre présentent un aubier blanc jaunâtre qui tranche nettement avec un bois parfaitement noir "ébène". Ce dernier présente parfois des traces ou veinage plus clairs, comme le prestigieux ébène de Macassar, du détroit de Macassar en Indonésie.

Cade ou Genévrier :

Le Juniperus oxycedrus est un petit arbre ou un arbrisseau fréquent en région côtière méditerranéenne (du Maroc à l’Iran), où il est l’une des plantes caractéristiques des garrigues et des maquis. Les cônes, comestibles frais, sont bruns à orange. L’arbre est appelé parfois Cèdre piquant, Oxycèdre ou Petit Cèdre et plus rarement Genévrier oxycèdre.
Le bois est l’ennemi des tronçonneuses de par sa dureté, et le bois de cœur est quasiment imputrescible. Le bois peut être utilisé dans la statuaire ; on en a fait aussi des linteaux de portes et des plaques ou objets anti-insectes et anti-mites à glisser dans les penderies.Il est également recherché en tournerie pour son odeur agréable et la beauté de ses cernes.

Ebène de Macassar :

Cet arbre est principalement présent en Indonésie (détroit de Macassar). Il est de couleur noir et beige et est alterné soit de fil, soit de marbre. Il culmine à une hauteur comprise entre 8 et 10 mètres et son diamètre varie entre 0,30 et 0,60 mètre.

Morta :

Autrement appelé Chêne des marais. Le morta est un chène qui a séjourné quelques milliers d’années dans des tourbières. L’absence d’oxygène et la présence du tanin ont crée une alchimie qui contribue à la conservation des cellules et fibres végétales qui le constituent. L’exploitation des tourbières met à jour ces arbres vieux de 2000 à 5000 ans.

Olivier :

Cet arbre du pourtour méditerranéen peut produire outre ses fruits, un beau bois au veinage sinueux allant de brun clair à brun foncé, très utilisé en artisanat.

Mammouth

Le mammouth laineux peuplait voila 40 000 à 1 000 000 ans, la toundra d’asie, l’europe et l’amérique du nord. Les derniers mammouth vivaient il y a 4000 ans.

  • Ivoire de mammouth : pulpe d’ivoire de mammouth
  • Croûte d’ivoire de mammouth : dessus de l’ivoire de mammouth.
  • Molaire de mammouth : dent de mammouth stabilisée, existe dans différentes variantes de couleurs. Uniquement sur manche avec mîtres afin de protéger la matière dure de la molaire des chocs.

Pistachier :

Le pistachier vrai est un arbuste de 3 à 8 mètres, poussant dans les garrigues et surtout dans les maquis des climats méditerranéens.
Cet arbuste originaire du Moyen-orient, produit les pistaches que l’on mange en apéritif ou qu’on utilise en pâtisserie ou comme parfum de glaces. Ce dernier a été importé de Syrie par un gouverneur romain, Lucius Vitellius et a été acclimaté aux régions de l’ouest de la Méditerranée. Pistachier vient du grec pistakê.

Comment acheter un couteau Laguiole sans prendre le risque de se tromper ?

Méfiez-vous des offres qui semblent trop belles pour être vraies. Si vous trouvez un couteau Laguiole très bon marché, il provient probablement d’une usine lointaine. La qualité a un prix et les machines ne pourront jamais rivaliser avec le savoir-faire d’un artisan : si un couteau est bon marché, il vaut probablement exactement son prix !

N’achetez pas votre couteau dans les boutiques de souvenirs en bord de mer, ou dans les lieux touristiques - il y a de fortes chances que vous achetiez un couteau industriel dont le prix est gonflé !

Bien entendu, le prix d’un couteau peut également varier en fonction des différents éléments qui le composent. Ainsi, il est facile de comprendre pourquoi un couteau avec un manche en aluminium sera moins cher qu’un couteau avec un manche en ormeau, de même, une lame damassée sera plus chère qu’une lame unie.

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